Diabète

Faire des siestes de plus d'une heure augmenterait le risque de diabète

M6info 15 septembre 2016

Alors que les bienfaits de la sieste sont régulièrement vantés, quatre chercheurs de l'université de Tokyo sont arrivés à la conclusion que cette pratique aurait un lien avec un risque accru de diabète, si elle se prolonge au-delà d'une heure. L'étude a néanmoins été accueillie avec réserve par des experts indépendants.

Quatre chercheurs de l'université de Tokyo ont présenté une étude jeudi lors d'un congrès de l'Association Européenne pour l'Etude du Diabète (EASD) en Allemagne. Ils ont compilé 21 études portant sur plus de 300.000 personnes au total. Dans leur étude, ils révèlent que les personnes qui font des siestes de plus de 60 minutes par jour présentent “un risque significativement plus élevé de diabète de type 2” par rapport à ceux qui ne font pas de sieste. Ils ne démontrent toutefois pas de lien de cause à effet.

Le risque de diabète est accru

En cas de diabète de type 2, qui représente 9 cas de diabète sur 10, l'organisme se trouve en incapacité de réguler le niveau de sucre dans le sang. Non traitée, cette hyperglycémie peut causer d'importants problèmes de santé tels que la cécité, la sensibilité des nerfs ou des affections cardiovasculaires.
Selon l'étude, le risque supplémentaire est évalué à 45%. Les personnes dont la sieste durerait moins de 40 minutes ne seraient pas davantage touchées par le diabète, mais la fréquence augmenterait progressivement jusqu'à montrer un écart significatif au-delà de 60 minutes. En revanche, aucun lien statistique entre la durée des siestes et le risque d'obésité n'a été trouvé.

Un lien de causalité ?

Dans le communiqué de presse accompagnant l'étude, l'EASD a cependant souligné que l'étude ne prouvait “pas à coup sûr que la sieste pendant la journée provoque le diabète, mais seulement qu'il y a une association entre les deux qui doit être étudiée dans des recherches ultérieures”. Des experts extérieurs à l'étude estiment aussi que ces résultats doivent être pris avec précaution, car on ne peut pas exclure que la fréquence accrue des diabètes soit liée à d'autres causes.

“Un des biais possible est que les gens qui sont peu actifs et en surpoids ou obèses sont probablement plus enclins à faire des siestes durant la journée”, a ainsi observé Paul Pharoah, professeur d'épidémiologie du cancer à l'université de Cambridge, au Royaume-Uni,

“Or ces personnes ont aussi plus de probabilité de développer un diabète”. Il évoque également la possibilité d'un lien de causalité inversé : “une pratique de la sieste pendant le jour causée par un diabète non diagnostiqué”.

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